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 Coliques du nourrisson
22/04/03
 

COLIQUES DU NOURRISSON

      Bien que d'une grande banalité, les coliques du nourrisson sont une entité difficile à définir : ce sont des accès de pleurs du nourisson, parfois accompagnés d'accès paroxystiques d'agitation, apparaissant au cours du premier mois de vie chez un nourrisson par ailleurs en bonne santé apparente.
       Mais tout nourrisson présente des accès de pleurs inexpliqués avec ou sans agitation et la dificulté consiste à différencier pleurs "normaux" et pleurs excessifs ...
       On parle de pleurs excessifs (de coliques) pour une durée totale cumulée de plus de 3 heures par jour pendant au moins 3 jours/semaine.
      L'origine digestive de ce qu'on appelle coliques du nourrisson n'a jamais pu clairement être établie .

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Les pleurs du nouveau né

      Normalement, le pleur est une activité réflexe destiné à entrainer une interaction avec la mère.
       Ils sont trés variables en durée, en intensité, et en fréquence selon les nourrissons . Mais, globalement, on observe une augmentation des pleurs pendant les 4 à 6 premières semaines pour atteindre 2 à 3 heures par jour ; puis les accès s'espacent et se raccourcissent.

        Dans la description des accès par les parents, on retrouve souvent les éléments suivants : - survenue le plus souvent en fin de journée
- début brutal, cris violents, angoissant pour les parents
- difficulté ou impossibilité pour les parents de calmer le bébé (généralement cette difficulté survient ou s'accroit lorsque la crise se pérennise depuis un moment).
- sur le plan physique, les mains sont crispées, les jambes fléchies, l'abdomen parait ballonné
-la crise peut se terminer par l'émission de gaz ou de selles (mais entre les crises, ces émissions ne paraissent pas douloureuses).

    Ces crises cessent aux environs du 3éme ou 4éme mois .

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Pourquoi ?

       Le nom de coliques suggère une pathologie fonctionnelle de l'intestin comme il en existe chez l'adulte (intestin irritable) et l'hypothèse d'un hyperpéristaltisme, d'un excès de motiline, d'une intolérance au lactose ou à d'autres composants du lait a été émise et explorée sans pouvoir être formellement démontrée.
       Il a également été évoqué une immaturité neurologique et notament des cycles veille-sommeil ; mais l'exploration du sommeil de ces enfants par des enregistrements polygraphiques ne retrouve pas d'altértion de la structure du sommeil.
L'absence de cause organique et l'impression d'une dysproportion entre les sentiments d'angoisse et/ou d'exaspération plus ou moins exprimés par les parents et l'absence de douleur vraie amènent certains à envisager un trouble du comportemental et à considérer les coliques comme une perturbation de la relation entre l'enfant et son environnement . En tout état de cause, de tels pleurs incessants sont générateurs de stress parental, de perturbations familiales et donc de troubles de cette relation.

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Devenir de ces enfant

       A partir de deux mois, la relation de l'enfant avec son environnement évolue et s'enrichit ; parallèlement, les crises diminuent en fréquence et en intensité . Elles disparaissent généralement au cours des 3éme-4éme mois.
       A long terme, toutes les études confirment le caractère bénin de ces coliques : chez ces enfants, ils n'existent pas de conséquences ultérieures tant médical que sur le plan du développement intellectuel ou affectif.

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Que faire ?

       D'abord, s'assurer que ces pleurs ne sont pas dûs à une maladie sous-jacente aigue ou chronique (constipation, sous ou suralimentation, reflux gastro-oesophagien voire intolérance au lactose) et, globalement, confirmer le bon état de santé de l'enfant (croissance ...).
        Ensuite, éviter les traitements intempestifs (il n'existe pas de "médicaments" agissant sur ces coliques) ou les modifications de régime inadaptées.
       Enfin, l'expérience montre que ce sont les petits moyen de stimulation ou d'apaisement (bercement, balancement, promenade, musique ou chansonnette, sucette ou boissons au gout nouveau...) qui vont permettre aux parents (attentionnés et sans angoisse) de réassurer leur enfant, de diminuer progressivement la durée et la fréquence des crises.

François Delabaere
Pédiatre

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