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Il est grand le petit ...
Pendant toute la période de croissance,
le squelette subit un processus permanent de remodelage
et de conslidation. La petite enfance, puis plus tard la
pré-adolescence et l’adolescence sont des périodes au cours
desquelles les apports nutritifs sont fondamentaux pour
le futur squelette adulte, et tout particulièrement le Calcium,
les protéines et la vitamine D.
Les
mensurations du nouveau-né :
Elles sont bien sûr variables ; dans les pays
occidentaux, le poids moyen à la naissance se situe entre
3300 et 3500g pour un enfant né à terme ( 39 à 41 semaines
de grossesse : « Age gestationnel » ) ; on considère comme
de petit poids ( hypotrophe ), un nouveau-né de moins de
2500g, et un bébé de plus de 4000g est dit « macrosome ».
Quant à la taille, 50 cm est la moyenne à la
naissance, encore une fois, dans nos régions, mais il existe
des variations raciales, et génétiques.
Après
la naissance, la croissance en taille et poids ( staturo-pondérale)
va dépendre,
entre autres, de facteurs héréditaires : c’est
ainsi que la taille des parents intervient, mais du fait
de l’intervention de facteurs tels que la nutrition, l’état
de santé…on pourra voir des parents de taille moyenne avoir
des enfants grands, ou l’inverse.
Le
corps de l’enfant va changer en proportion :
A la naissance, la tête du bébé représente environ
le quart de sa taille. A l’age adulte, la tête est le huitième
de la taille. De même, les jambes du nouveau-né sont proportionnellement
plus petites pour atteindre la moitié du corps à l’age adulte.
Les
témoins d’une croissance harmonieuse :
Dès les 3 premières années, le poids est le
témoin d’une croissance harmonieuse, c’est pourquoi le médecin
de l’enfant s’attachera à le peser régulièrement et à dresser
des courbes du poids et de la taille, complétées maintenant
par une courbe de corpulence qui fait appel à l’indice de
masse corporelle ( IMC) calculé selon la formule Poids que
divise Taille au carré.
Ces courbes se réfèrent à des moyennes pour
nos populations, établies selon des études statistiques
sur de larges échantillons, et permettent d’étudier le profil
évolutif d’un individu et de le comparer à ces moyennes.
Une stagnation pondérale, une « cassure » de
la courbe de taille doit susciter une consultation médicale.
Peut-on
déterminer la future taille adulte d’un enfant ?
Nous l’avons vu plus haut, la future taille
adulte d’un enfant est en relation, en premier lieu mais
non exclusivement, avec des facteurs génétiques ( héréditaires),
c’est à dire la taille des parents. (C’est sans doute pour
cela que la taille à la naissance revêt une telle importance
dans notre société). On parle ainsi de taille « cible »,
estimée de la façon suivante :
> pour un garçon : moyenne de la taille des
2 parents + 6,5 cm
> pour une fille : moyenne de la taille des
2 parents - 6,5 cm.
Bien évidemment, la qualité de la nutrition,
des maladies graves ou chroniques, certains traitements,
vont interférer avec les facteurs génétiques.
Dans nos régions favorisées, la qualité nutritionnelle
expliquent en grande partie l’augmentation de la taille
des nouvelles générations.
Différentes
phases de croissance :
La croissance est marquée par deux poussées
principales, tout d’abord au cours des 18 premiers mois
( 25 cm la première année ), puis à la puberté, La deuxième
poussée est plus précoce chez la fille.
Jusqu’à l’apparition des premiers signes pubertaires
( 8 à 10 ans chez la fille, 10 à 12 ans chez le garçon ),
la taille est la même dans les 2 sexes. Au-delà, les garçons
vont grandir en moyenne de 28 cm, les filles de 20 cm.
La
croissance des os de l’enfant :
A la naissance, le squelette est essentiellement
« mou », c’est à dire cartilagineux : il va progressivement
se transformer en os dur au cours de la croissance pour
être à maturation aux alentours de 16 ans chez la fille,
18 ans chez le garçon.
La croissance en longueur des os longs ( os
des membres ) se fait au niveau des cartilages de « croissance
» : toute lésion à ce niveau pourra avoir une répercussion
sur la croissance normale. La minéralisation de l’os ( fixation
de Calcium et Phosphore ) est responsable de sa transformation
en os dur. Ainsi va se constituer, de l’enfance à l’adolescence,
un « capital osseux », acquis pour la vie : celui-ci déterminera
la résistance aux fractures dans l’enfance, puis à l’age
adulte, notamment au cours de la vieillesse.
On imagine ainsi l’importance que requiert la
qualité nutritionnelle des apports de l’enfant, qui doivent
comporter des protéines, des sels minéraux, de la vitamine
D, fondamentale pour l’absorption puis la fixation du calcium.
D’autres facteurs ( sport, prise de poids harmonieuse)
jouent également un rôle capital.
Thierry Delahousse
Pédiatre
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