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 Frères et Soeurs
18/05/03
 


D'autres couples tentent de se former.
Ceux - là sont faits pour se séparer...

Cependant, l'"union fait la force",
la nécessité de l'homme à vivre en société en est la preuve.
Avec qui s'unir ?

Les forces en présence...

Le couple formé par les parents :
    Les liens doivent (devraient) être forts. Sans lien, par définition, la notion de couple s'étiole.
Le groupe formé par les enfants :
    La naissance d'un enfant crée des liens et des rapports particuliers avec la mère. ils sont le prolongement  du désir d'enfant et des sentiments liés a ses 9 mois de gestation.

  Le rôle du père est d'aimer la mère et l'enfant pour les détacher progressivement l'un de l'autre.

  L'arrivée d'un autre enfant est vécue par les précédents très péniblement. Il l'aimera, se projetant dans l'avenir : un compagnon de jeu c'est bon à prendre ! Mais, il le haïra aussi : le nouvel arrivant le repoussant, lui, l' "ancien" plus petit , loin (lui semble- t-il) de ses parents, dans la société, avec toutes ses angoisses. D'autant que, lui!, il a su renoncer à tout ce que l'on accorde, désormais, au dernier-né : le lit, les bras, le sein de maman !

  L'avenir dépendra du recul que chacun saura (ou ne saura pas) prendre par rapport aux autres protagonistes.

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Paix ?...

  Le fil qui les relie a, actuellement, le temps de se tisser. C'est le fil du cocon interminable qui les entoure. L'âge d'entrée dans la vie active est beaucoup plus tardif. Avant, certificat d'études, maintenant, bac + 1,2,3,4,5...
  La cohabitation se prolonge avec l'"autre" que l'on connaît peut-être mieux que soi-même : images, sons, odeurs, toucher...Relations, par essence, incestueuses .

  Au patrimoine génétique, biologique, se rajoute l'histoire de la famille, les "histoires de famille", les "histoires tout court", les traditions, les rites, les manies, les mamies, recettes de cuisine...
Tout un bric-à-brac de bric et de broc qui fleure bon le passé et dont on aime bien se souvenir...en famille !

  Frères et sœurs...
Un autre couple, un autre groupe, une autre communauté. Et définitive celle-là. Dont on ne peut pas divorcer ! Une bande de complices qui permet de résister à l'interdit des parents, à la loi de la société. Un recours, un refuge...Face à la fragilité du couple de parents qui peut se dissoudre, éclater, se déchirer. Une microsociété, l'anti-chambre vers la société. Un espace autonome, stable...Une bulle.

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Guerre ?...

  Statut de "frère" ou de "sœur" définitif, oui !, mais que l'on n'a pas choisi !
Que l'on n'aime pas forcément !
Que l'on a aucune raison d'aimer...
Qui a été imposé ! Le lien fraternel est en balance avec le lien filial...

  Des parents peuvent "jouer" inconsciemment (ou non) le lien filial contre le lien fraternel.
  Se rapprocher d'avantage d'un enfant qui s'éloignera de ses frères ou sœurs. Favoriser, aimer d'avantage un enfant qui sera moins proche (haï?) de ses frères ou de ses sœurs.

    Responsables? Pas coupables?

  Imposée aussi, l'histoire familiale !
Les enfants peuvent avoir envie de reproduire inconsciemment (ou non) les rivalités entre frères et sœurs que leurs parents ont eux-mêmes vécus, dans le passé, avec leurs propres frères ou sœurs : une vendetta interne à la famille, une autodestruction en somme...
      Les dégâts sont considérables...
      La société compte les points...
      Les notaires les sous...
      Les avocats les coups...

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Guerre et paix !...

  "Frères et sœurs" c'est...la vie !
  La paix ! La guerre ! La géométrie variable, quoi !?!

  Variable, fonction que l'on soit une sœur, que l'on soit un frère, que l'on ait une(des) sœur(s) et(ou) un(des) frère(s). (A noter que si l'on a ni un ni l'autre, le problème est résolu ! ...mais d'autres surviennent alors !)

  Variable, fonction du temps, mais fonction des circonstances, de l'âge, du sexe de l'autre.
  Le cocon des premières années passées en commun rapproche.
  La formation de l'autonomie personnelle (études), puis à deux (couple) éloignent.
  Les problèmes communs (travail,enfants) rapprochent.
  La fin de vie, fonction de son propre bilan positif ou négatif, éloigne ou rapproche.
  Enfin, variable, quoi !?!

  Mais, mais...le sens commun considère le lien fraternel (ou soral, c'est moins beau, mais ça se dit vis à vis de la sœur...), considère, donc, le lien fraternel comme positif (ouf !).

Les exemples sont nombreux :
    "tu es un frère","vieux frère", signifiant copain, ami,
    "mon frère", "ma sœur", montrant l'appartenance à une communauté, par exemple religieuse.

a contrario
    "faux frère" équivaut à traître,
    "frères ennemis" insiste sur le caractère contradictoire de ces deux mots...

Certains voudraient même en avoir... Une sœur, un frère...
  Comme Maxime Le Forestier le chante si bien, pour partager tout..."A toi, le frère que je n'ai jamais eu..."
  D'autres en ont, mais ce ne sont pas tout à fait les leurs : demi-frère ou demi-sœur, sœur ou frère par adoption...

      Frères, Soeurs, allaient en paix...

Bernard Sollier
Pédiatre
www.rubrikakids.com

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